En bref
- Trois montages couvrent presque toutes les situations : le flotteur pour prospecter à mi-eau, le posé à plomb coulissant pour le fond en eau froide, le paternoster pour tenir le vif au-dessus des herbiers ou des obstacles.
- Le bas de ligne résistant aux dents est obligatoire, quel que soit le montage : acier ou matériau équivalent, d'une longueur suffisante pour que la gueule du brochet ne touche jamais le nylon.
- Ferrer vite, sur un hameçon placé pour l'être, évite que le brochet n'avale : c'est la condition d'une remise à l'eau sans dommage.
- Le vif est interdit pendant la fermeture spécifique du brochet en deuxième catégorie, et certaines espèces ne peuvent jamais servir de vif. L'arrêté préfectoral du département fait foi.
Pour pêcher le brochet au vif, trois montages suffisent : le flotteur pour présenter le vif à mi-eau en prospectant, le posé à plomb coulissant pour le fond quand l’eau est froide, et le paternoster pour tenir le vif juste au-dessus d’un herbier ou d’un fond encombré. Tous partagent deux éléments non négociables : un bas de ligne résistant aux dents et un hameçon placé pour qu’on puisse ferrer vite, sans laisser le poisson avaler.
Avant de monter : ce que dit la règle
La pêche au vif est encadrée plus strictement que celle au leurre, et c’est le premier point à vérifier. En deuxième catégorie, la pêche au vif, au poisson mort et aux leurres est interdite pendant la fermeture spécifique du brochet, qui court en règle générale du dernier dimanche de janvier au dernier samedi d’avril. En première catégorie, le cadre est différent et souvent plus restrictif.
Deuxième point : toutes les espèces ne peuvent pas servir de vif. Le Code de l’environnement interdit d’introduire dans les eaux les espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques, comme le poisson-chat ou la perche soleil. Les utiliser vivants au bout d’une ligne revient à les introduire, même involontairement, si le vif se décroche.
Les tailles minimales du brochet et le nombre de carnassiers qu’on peut conserver sont détaillés dans notre article sur les tailles légales et quotas. Pour tout le reste, parcours, nombre de lignes, dates exactes, c’est l’arrêté préfectoral du département qui fait foi, et le règlement de l’AAPPMA pour les parcours particuliers.
Les trois montages et quand les employer
Le choix du montage dépend de la hauteur d’eau à laquelle se tient le brochet, et de ce qui encombre le fond. Le tableau résume les situations courantes.
| Montage | Où il présente le vif | Situation idéale | Point faible |
|---|---|---|---|
| Flotteur | À une profondeur réglée, à mi-eau | Bordures d’herbiers, prospection en dérive, eau de moins de 3 à 4 m | Moins adapté aux grandes profondeurs |
| Posé à plomb coulissant | Près du fond | Eau froide, fosses, poissons peu actifs en hiver | Vif qui se cache dans les herbes |
| Paternoster | Au-dessus du fond, à hauteur fixe | Fond encombré, herbiers couchés, cassures | Montage plus sujet aux emmêlages au lancer |
Le montage au flotteur est le plus polyvalent. De haut en bas : le corps de ligne, un arrêtoir de flotteur réglable, le flotteur, une plombée groupée, un émerillon, puis le bas de ligne et l’hameçon. On règle la profondeur pour que le vif nage un peu au-dessus du sommet des herbes ou à mi-hauteur de la couche d’eau. Le flotteur doit porter le plomb et le vif sans être entraîné sous l’eau par ce dernier : un vif qui fait plonger son flotteur en permanence rend les touches illisibles.
Le montage posé à plomb coulissant convient quand l’eau refroidit et que le brochet se tient près du fond, moins mobile. Un plomb enfilé sur le corps de ligne coulisse librement, bloqué par une perle et un émerillon. Le brochet qui prend le vif ne sent pas le poids du plomb. La touche se lit au scion, au détecteur ou au fil qui se tend et file.
Le paternoster inverse la logique : le plomb est en bout de ligne, et le vif est fixé sur une potence plus haut. Il reste ainsi à une hauteur constante au-dessus du fond, sans pouvoir se réfugier dans les herbes. C’est le montage des fonds encombrés et des bordures de roselières, où un vif posé finirait accroché.
Le bas de ligne et l’hameçon
Le bas de ligne est la pièce qui ne se discute pas. Les dents du brochet coupent le nylon et le fluorocarbone fin sans effort. Un bas de ligne en acier ou en matériau équivalent, d’une trentaine à une cinquantaine de centimètres, garantit que la gueule du poisson ne touche jamais le corps de ligne. Au vif, le brochet engame souvent profondément : mieux vaut une longueur généreuse.
L’hameçon se choisit sur la taille du vif. Il doit être assez grand pour que sa pointe reste dégagée une fois le vif piqué, sans être si lourd qu’il gêne sa nage. Deux options coexistent :
- l’hameçon simple, piqué dans la lèvre supérieure ou sous la dorsale, plus facile à retirer et plus respectueux du poisson ;
- le montage à deux hameçons, l’un près de la tête, l’autre sur le flanc ou le dos, qui permet de ferrer immédiatement quel que soit l’angle de prise.
Le triple accroche bien mais blesse davantage et complique la remise à l’eau. Certains parcours l’interdisent, et son usage varie selon les catégories et les règlements. Quel que soit l’hameçon, écraser l’ardillon à la pince coûte très peu de poissons tant que la ligne reste tendue, et facilite beaucoup le décrochage.
Piquer le vif sans le tuer
Un vif qui nage bien pêche. Un vif blessé ou mourant pêche mal, et c’est souvent la vraie raison d’une journée sans touche. Les poissons blancs d’environ 8 à 15 centimètres, gardons, rotengles ou ablettes pris sur place, conviennent à la plupart des situations.
Par la lèvre supérieure : l’hameçon traverse la lèvre de bas en haut, en avant des narines. Le vif garde sa liberté de mouvement et nage de façon naturelle. C’est le placement des montages sous flotteur et du paternoster.
Sous la nageoire dorsale : l’hameçon passe dans le muscle du dos, juste sous la nageoire, en restant au-dessus de la colonne vertébrale. Le vif tire alors vers le bas et vers l’extérieur, ce qui convient au posé et à la dérive.
Quelques règles de manipulation prolongent la vie du vif : mains mouillées, geste rapide, et un seau aéré à l’ombre pour ceux qui attendent leur tour. Un vif qui tourne sur le flanc se remplace sans attendre.
Le moment de ferrer, et pourquoi il a changé
Pendant longtemps, la consigne était d’attendre. Le brochet saisit le vif en travers, s’arrête, le retourne pour l’avaler par la tête, puis repart : c’est à ce second départ qu’on ferrait. Le problème est connu. À ce stade, l’hameçon est souvent dans l’œsophage ou les branchies, et le poisson ne survit pas à la remise à l’eau.
La pratique a évolué avec le no-kill et les tailles légales relevées. Avec un hameçon placé près de la tête du vif, ou un montage à deux hameçons, on peut ferrer dès que le flotteur s’enfonce franchement et file, sans attendre le retournement. On perd quelques poissons, on en abîme beaucoup moins, et on relâche dans de bonnes conditions ceux qui n’ont pas la taille.
Au moment de décrocher, une pince longue et une pince coupe-hameçon font partie du matériel de base. Les gestes qui comptent, temps hors de l’eau, tenue du poisson, relâcher, sont détaillés dans notre article sur le no-kill et la remise à l’eau.
Le vif ou le leurre, selon la saison
Le vif n’est pas une technique de débutant qui s’opposerait au leurre. Les deux se complètent. Le vif excelle quand le brochet est peu actif et refuse de poursuivre : eau froide, pression atmosphérique changeante, poisson éduqué sur un plan d’eau très pêché. Il permet aussi de tenir un poste longtemps sans effort.
Le leurre, lui, prospecte plus vite et couvre plus d’eau. L’automne se prête aux deux : en début de saison, les brochets encore actifs répondent bien aux leurres ; à mesure que l’eau refroidit, le vif posé ou sous flotteur reprend l’avantage. Notre dossier sur les carnassiers en automne explique où chercher le brochet quand les herbiers régressent ; les jours où il chasse activement, les cinq familles de leurres prennent le relais.
Questions fréquentes
Où piquer le vif pour pêcher le brochet ?
Les deux placements les plus courants sont la lèvre supérieure, qui laisse le vif nager librement et convient aux montages sous flotteur, et le dos, juste sous la nageoire dorsale, sans toucher la colonne vertébrale. Sur un montage à deux hameçons, on combine souvent les deux pour pouvoir ferrer tout de suite.
Quelle taille de vif pour le brochet ?
Un vif d'environ 8 à 15 centimètres convient à la plupart des situations. Un gros vif trie les poissons et attire les sujets plus imposants, un vif plus petit donne davantage de touches. La taille du flotteur et de l'hameçon se règle ensuite sur celle du vif, pas l'inverse.
Combien de temps attendre avant de ferrer au vif ?
Le moins possible si l'on veut relâcher le poisson. L'ancienne habitude consistait à attendre que le brochet reparte après avoir retourné le vif, ce qui revient à le laisser avaler l'hameçon. Avec un hameçon placé près de la tête du vif ou un montage à deux hameçons, on ferre dès que le flotteur s'enfonce franchement et file.
Peut-on pêcher au vif toute l'année ?
Non. En deuxième catégorie, la pêche au vif est interdite pendant la période de fermeture spécifique du brochet, qui court en règle générale du dernier dimanche de janvier au dernier samedi d'avril. En première catégorie, les règles diffèrent. Le calendrier exact figure dans l'arrêté préfectoral de chaque département.
Sources et méthode
- Code de l'environnement : périodes de fermeture spécifique du brochet et modes de pêche interdits pendant cette période en deuxième catégorie
- Code de l'environnement : liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques, dont l'introduction dans les eaux est interdite
- Montages au vif couramment pratiqués et documentés pour la pêche des carnassiers en eau douce