En bref

  • Le silure se tient dans les fosses profondes et à l'aval des obstacles, pas en pleine eau.
  • Le matériel doit être surdimensionné : c'est une question de sécurité pour le poisson comme pour le pêcheur.
  • Les règles de transport et de remise à l'eau varient selon les départements : vérifiez l'arrêté local.

Le silure est le plus gros poisson de nos eaux douces, et celui qui suscite le plus de récits approximatifs. Le pêcher ne demande pas des moyens extraordinaires, mais du matériel dimensionné et une lecture correcte du poste. Le reste s’apprend vite.

Où il se tient

C’est un poisson de fond, qui recherche la profondeur et le courant modéré. Il ne s’installe pas n’importe où.

PostePourquoi il y est
Fosses profondesRepos de journée, température stable
Sortie de barrageNourriture abondante, oxygénation
Aval des piles de pontContre-courant, poisson blanc concentré
Souches et arbres immergésAbri, embuscade
Bordures encombréesChasse de nuit à faible profondeur

Le raisonnement utile est celui de la lecture d’une rivière : chercher les ruptures. Une grande étendue plate et sans relief est rarement productive, même profonde.

Le rythme compte autant que le poste. Le silure se tient au fond en journée et se déplace vers les zones peu profondes à la tombée du jour pour chasser. Beaucoup de captures se font en bordure, à des profondeurs qui surprennent, une fois la nuit installée.

Le matériel, et pourquoi il ne se discute pas

C’est le point sur lequel il ne faut pas transiger, et pas seulement pour ne pas casser.

Un matériel sous-dimensionné allonge le combat, ce qui épuise le poisson au point de compromettre sa survie après remise à l’eau. Et une casse laisse l’animal avec un hameçon dans la bouche. C’est autant une question d’éthique que d’efficacité.

  • Canne de puissance adaptée, courte et nerveuse pour le bateau, plus longue du bord.
  • Tresse de fort diamètre. Le débat tresse ou nylon se tranche ici sans hésitation en faveur de la tresse, pour sa résistance et son absence d’élasticité.
  • Bas de ligne résistant à l’abrasion : la bouche du silure est râpeuse et les postes sont encombrés.
  • Hameçons renforcés, en simple ou en triple selon la présentation.
  • Épuisette ou tapis de réception dimensionnés. Un poisson traîné sur les cailloux est un poisson abîmé.

Les trois grandes approches

Au vif ou au poisson mort. L’approche la plus classique et la plus accessible du bord. On présente l’esche près du fond, à proximité d’un poste identifié, et on attend. La qualité de la présentation compte plus que la quantité de lignes.

Aux leurres. Le silure se prend très bien aux gros leurres souples et aux leurres à palette, prospectés lentement près du fond. C’est une pêche active, qui permet de couvrir du terrain et de trouver le poisson plutôt que de l’attendre. La logique est proche de celle de la pêche du brochet aux leurres, avec des dimensions supérieures.

Au clonk. Technique de dérive en embarcation, où un instrument de bois frappé à la surface produit un son grave qui attire le poisson. L’esche est présentée à mi-hauteur ou près du fond pendant la dérive. C’est une pêche ancienne, très efficace sur les grands axes, qui demande une embarcation et un peu d’apprentissage du geste.

La réglementation, à vérifier localement

C’est le point où beaucoup se trompent, parce que les règles ne sont pas uniformes.

Le silure fait l’objet de dispositions départementales variables, portant selon les cas sur le transport vivant, la remise à l’eau, l’usage de certaines techniques ou les horaires. Certains départements encadrent strictement ce qu’on peut faire du poisson capturé.

L’arrêté préfectoral annuel du département concerné fait foi. Il se consulte avant de partir, et il peut changer d’une année sur l’autre. Notre page sur les tailles légales et les quotas donne le cadre général, mais elle ne remplace pas la lecture de l’arrêté local.

La carte de pêche reste évidemment obligatoire, et le choix de sa catégorie conditionne les parcours accessibles.

Manipuler un gros poisson

Quelques gestes qui font la différence, quelle que soit la suite donnée à la capture.

Écourtez le combat en utilisant réellement la puissance du matériel. Gardez le poisson dans l’eau autant que possible pendant le décrochage. Soutenez le corps sur toute sa longueur si vous le sortez, et ne le suspendez jamais par la mâchoire seule : sa masse abîmerait les structures de la tête.

Prévoyez une pince adaptée et coupez le fil au ras si un hameçon est profondément engagé, plutôt que d’insister. Et si la remise à l’eau est prévue, accompagnez le poisson dans le courant jusqu’à ce qu’il reparte de lui-même.

Le rythme sur vingt-quatre heures

Le silure ne se comporte pas de la même façon selon l’heure, et pêcher au mauvais moment sur un bon poste donne les mêmes résultats que pêcher au bon moment sur un mauvais poste : aucun.

MomentComportementApproche
Plein jourPosé au fond, dans la fossePrésentation près du fond, patience
Fin de journéeDébut d’activitéProspection des abords de la fosse
NuitChasse en bordure, faible profondeurPostes peu profonds, bordures encombrées
AubeRetour vers les zones profondesZones de transition entre fosse et bordure

La conséquence pratique est qu’une même session couvre idéalement la transition. Arriver deux heures avant la tombée du jour permet de repérer et de préparer, puis de pêcher au moment où l’activité démarre.

Les conditions comptent aussi : une eau qui se réchauffe, un ciel couvert, une montée d’eau après un orage sont autant de facteurs qui déclenchent l’activité. À l’inverse, une eau très froide ralentit fortement le poisson.

Du bord ou en bateau

Du bord, l’enjeu est d’atteindre le poste depuis un endroit où l’on pourra combattre. Repérer un beau poste inaccessible n’avance à rien : il faut un accès dégagé, un endroit pour réceptionner le poisson, et de préférence une berge en pente douce. Prévoyez l’éclairage frontal et vérifiez l’accès de jour avant de pêcher de nuit.

En bateau, on accède à des postes inatteignables et l’on peut travailler la verticale, ce qui ouvre le clonk et la pêche aux leurres au-dessus des fosses. Cela suppose évidemment de respecter la réglementation de navigation applicable au parcours, en plus de celle de la pêche.

Les erreurs qui coûtent le plus

Sous-dimensionner le matériel en pensant que ça passera. C’est le premier motif de casse et de poisson perdu avec un hameçon dans la gueule.

Négliger le bas de ligne. Le poste est encombré et la bouche est râpeuse : c’est là que ça cède, pas sur la tresse.

Pêcher trop haut. Le silure est un poisson de fond. Une présentation à mi-hauteur au-dessus d’une fosse ne rencontre rien la plupart du temps.

Bouger sans arrêt. Sur un poste identifié, la patience paie plus que la prospection frénétique. La logique est inverse de celle de la pêche de la perche, où l’on cherche activement.

Ignorer l’arrêté local. C’est le seul point où l’erreur se paie autrement qu’en poisson perdu.

Enfin, une remarque de sécurité : ne pêchez pas seul de nuit sur une berge que vous ne connaissez pas, et prévenez quelqu’un de votre emplacement. Un poste à silure est souvent isolé, profond et peu fréquenté.

Questions fréquentes

Où trouver le silure en rivière ?

Dans les zones profondes à courant lent : fosses, sorties de barrage, aval des piles de pont, souches immergées et bordures encombrées. Il se tient près du fond et sort chasser en périphérie. Les grandes plates étendues sans relief sont peu productives.

Quel matériel pour pêcher le silure ?

Nettement surdimensionné par rapport aux autres carnassiers : canne de puissance, tresse de fort diamètre, hameçons renforcés et épuisette ou tapis adapté à la taille du poisson. Un matériel sous-dimensionné casse, laisse le poisson avec un hameçon et rallonge dangereusement le combat.

Le silure doit-il être remis à l'eau ?

Cela dépend du département. Le silure fait l'objet de dispositions locales qui varient, notamment sur le transport vivant, la remise à l'eau et parfois la taille. L'arrêté préfectoral annuel du département concerné fait foi, et il faut le consulter avant de pêcher.

Qu'est-ce que le clonk ?

C'est un instrument de bois qui, frappé à la surface, produit un son grave attirant le silure. Il se pratique en dérive depuis une embarcation, généralement avec un esche présenté à mi-hauteur ou près du fond. C'est une technique ancienne, efficace sur les grands axes.

Sources et méthode

  • Réglementation générale de la pêche en eau douce et pratiques établies de pêche du silure