En bref

  • Tailles minimales et quotas sont fixés par arrêté préfectoral : ils varient d'un département à l'autre et changent d'une saison à l'autre.
  • On mesure du bout du museau à l'extrémité de la nageoire caudale, poisson posé à plat, sans étirer.
  • Un poisson sous-maille se remet à l'eau immédiatement : épuisette souple, mains mouillées, temps hors de l'eau minimal.
  • L'arrêté de votre département et le règlement de l'association locale sont les seules références qui font foi.

C’est la partie de la pêche que l’on consulte le moins et qui expose le plus. Les règles ne sont pas compliquées, mais elles ont une particularité qui explique la plupart des erreurs de bonne foi : elles ne sont pas nationales.

Le principe, et pourquoi il n’y a pas de tableau universel

Deux mécanismes se combinent.

La taille minimale de capture, propre à chaque espèce : en dessous, le poisson doit être remis à l’eau. Elle vise à laisser les individus se reproduire au moins une fois avant d’être prélevés.

Le quota journalier, qui limite le nombre de prises conservées par pêcheur et par jour. Il concerne surtout les carnassiers et les salmonidés.

Ces valeurs sont fixées par arrêté préfectoral, département par département, et révisées chaque année. Un même poisson peut donc être maillé dans un département et sous-maille de l’autre côté de la limite administrative, sur la même rivière.

C’est pourquoi aucun tableau généraliste — y compris celui qu’on trouverait ici — ne peut faire autorité. La seule référence opposable est l’arrêté en vigueur dans le département où vous pêchez, complété par le règlement intérieur de l’association locale, qui peut être plus restrictif mais jamais plus permissif.

Où chercher, concrètement

L’arrêté préfectoral annuel réglementant l’exercice de la pêche en eau douce, publié sur le site de la préfecture.

La fédération départementale de pêche, qui le reprend sous une forme lisible et signale les particularités de parcours.

Le règlement de l’AAPPMA dont vous dépendez, pour les restrictions locales : parcours en no-kill, secteurs à réglementation spécifique, périodes particulières.

Votre carte de pêche, dont le support numérique renvoie généralement à la réglementation applicable.

Un réflexe utile : télécharger l’arrêté sur son téléphone avant de partir. La couverture réseau au bord de l’eau est rarement au rendez-vous, et c’est précisément au moment de décider qu’on aurait besoin de vérifier.

Mesurer correctement

L’erreur la plus fréquente est de mal mesurer, et elle se fait presque toujours en faveur du pêcheur.

Du bout du museau, bouche fermée, à l’extrémité de la nageoire caudale. Le poisson posé à plat, sur un support mouillé, jamais tenu en l’air.

Trois pièges à éviter. Ne pincez pas la caudale pour l’étirer : quelques millimètres gagnés ainsi n’existent pas réglementairement. Ne mesurez pas le long de la courbe du corps. Et ne mesurez pas un poisson qui se débat — vous obtiendrez une valeur fausse et vous l’abîmerez.

Emportez un réglet ou un tapis gradué. Estimer à vue est une source d’erreur constante, et sur une espèce dont la maille est proche de la taille moyenne des prises, cela finit par compter.

En cas de doute sur quelques millimètres, on remet à l’eau. C’est la règle simple, et c’est aussi la seule position défendable devant un agent.

La remise à l’eau, la partie qui décide vraiment

Une taille légale n’a de sens que si le poisson relâché survit. C’est là que se joue l’essentiel, et c’est la partie la moins réglementée — donc celle qui dépend entièrement du pêcheur.

Une épuisette à mailles souples, sans nœuds. Les filets rigides arrachent le mucus et abîment les nageoires. Le mucus est la barrière protectrice du poisson contre les infections : ce qui le retire compromet la survie plusieurs jours après la remise à l’eau.

Les mains mouillées, toujours. Une main sèche brûle littéralement le mucus.

Le décrochage dans l’eau quand c’est possible, ou sur un tapis de réception humide. Jamais sur le gravier, l’herbe sèche ou le fond d’un bateau.

Le temps hors de l’eau au minimum. C’est le facteur le plus déterminant, et le plus souvent sacrifié pour une photo. Préparez l’appareil avant de sortir le poisson, ou photographiez-le dans l’épuisette immergée.

Ne serrez jamais les ouïes ni les yeux. Soutenez le poisson horizontalement, une main sous le ventre.

Des hameçons sans ardillon, ou aux ardillons écrasés, réduisent considérablement les dégâts au décrochage. Si l’hameçon est profondément engamé, couper le bas de ligne au ras est souvent préférable à une extraction traumatisante.

Relâchez face au courant, en maintenant le poisson jusqu’à ce qu’il reparte de lui-même. Un poisson lâché avant d’avoir récupéré part sur le flanc et ne survit pas toujours.

Les autres règles qui vont avec

Elles figurent au même arrêté et se vérifient en même temps.

Les périodes d’ouverture, propres à chaque espèce et à chaque catégorie de cours d’eau. Une taille respectée hors période reste une infraction.

Le nombre de lignes autorisées, qui diffère entre première et deuxième catégorie.

Les modes de pêche permis ou interdits selon le secteur : appâts, vif, pêche de nuit.

Les parcours particuliers — no-kill, parcours graciés, réserves — où le prélèvement peut être totalement interdit quelle que soit la taille.

Une remarque pour finir

La réglementation est souvent perçue comme une contrainte administrative. Sur un cours d’eau, elle est surtout ce qui décide de ce qu’il y aura à pêcher dans cinq ans.

Un pêcheur qui remet correctement à l’eau un sujet sous-maille ne fait pas une concession : il conserve le poisson qu’il capturera plus tard, plus gros. C’est le seul raisonnement qui tienne à l’échelle d’une saison, et il vaut mieux que n’importe quel contrôle.

Questions fréquentes

Où trouver les tailles légales de mon département ?

Dans l'arrêté préfectoral annuel réglementant la pêche en eau douce, publié par la préfecture, et repris par la fédération départementale de pêche. C'est le seul document opposable. Méfiez-vous des tableaux généralistes trouvés en ligne : les valeurs diffèrent d'un département à l'autre et sont révisées chaque année.

Comment mesure-t-on un poisson ?

Du bout du museau, bouche fermée, jusqu'à l'extrémité de la nageoire caudale, le poisson posé à plat sur un support mouillé. On ne pince pas la caudale pour l'étirer et on ne mesure pas le long de la courbe du corps. En cas de doute sur quelques millimètres, la remise à l'eau s'impose.

Qu'est-ce qu'un quota journalier ?

Le nombre maximal de poissons d'une espèce qu'un pêcheur peut conserver par journée de pêche. Il s'applique par pêcheur et non par embarcation ou par groupe, et il concerne surtout les carnassiers et les salmonidés. Comme les tailles, il est fixé par l'arrêté départemental et peut être plus restrictif sur certains parcours.

Que faire d'un poisson trop petit ?

Le remettre à l'eau immédiatement, avec le maximum de précautions : épuisette à mailles souples, mains mouillées, décrochage dans l'eau ou sur un tapis humide, temps hors de l'eau réduit au strict minimum. Un poisson sous-maille remis brutalement ne survit souvent pas, ce qui vide la mesure de son sens.

Sources et méthode

  • Cadre réglementaire français de la pêche en eau douce : tailles minimales de capture et quotas départementaux
  • Bonnes pratiques de manipulation et de remise à l'eau des poissons