En bref
- En première catégorie, la truite ferme le troisième dimanche de septembre au soir et rouvre le deuxième samedi de mars.
- La fermeture protège la reproduction : les salmonidés frayent de novembre à janvier sur les graviers.
- Certains parcours restent ouverts par arrêté préfectoral : plans d'eau, parcours spécifiques, deuxième catégorie.
- Toute pêche est interdite sur les cours d'eau de première catégorie pendant la fermeture, pas seulement celle de la truite.
En première catégorie, la truite ferme le troisième dimanche de septembre au soir. Elle rouvre le deuxième samedi de mars. Entre les deux, six mois pendant lesquels les cours d’eau classés en première catégorie sont fermés à toute pêche — et non seulement à celle de la truite.
C’est cette dernière précision qui surprend le plus de monde, et qui vaut chaque année son lot de procès-verbaux.
Ce que la fermeture interdit exactement
La règle est plus large qu’on ne le croit. Sur un cours d’eau de première catégorie, la période de fermeture interdit la pêche de toutes les espèces, pas seulement des salmonidés. Impossible donc d’y pêcher le chevesne, le goujon ou le vairon en expliquant qu’on ne cherche pas la truite : c’est la pêche elle-même qui est interdite sur ces eaux.
La raison est double. D’abord, le risque de capture accidentelle d’une truite est permanent. Ensuite et surtout, le simple fait de marcher dans le lit d’une rivière pendant la fraie détruit les frayères — nous y revenons plus bas.
Un rappel utile : le classement en catégorie dépend du cours d’eau, pas de ce qui y vit. Une rivière peut abriter des truites tout en étant classée en deuxième catégorie, et l’inverse existe aussi. La distinction et ses conséquences sur ce qu’on a le droit de faire sont détaillées dans notre page sur la carte de pêche à choisir selon ce que vous pêchez.
Le calendrier
| Période | Première catégorie | Deuxième catégorie |
|---|---|---|
| Ouverture générale | Deuxième samedi de mars | Ouverte toute l’année |
| Fermeture générale | Troisième dimanche de septembre au soir | — |
| Truite en deuxième catégorie | — | Mêmes dates que la première catégorie |
| Brochet en deuxième catégorie | — | Fermeture fin janvier à fin avril environ |
Attention à la ligne de la truite en deuxième catégorie : elle suit les mêmes dates de fermeture, même si le cours d’eau reste ouvert pour les autres espèces. Une truite prise en octobre sur une rivière de deuxième catégorie doit être remise à l’eau immédiatement.
Les dates ci-dessus sont les dates générales. Les préfets les adaptent chaque année par arrêté, et créent des parcours dérogatoires. C’est l’arrêté de votre département qui fait foi, et il faut le relire chaque saison : nous rappelons cette logique dans notre page sur les dates d’ouverture de la truite.
Pourquoi cette date précise
La fermeture ne tombe pas au hasard. Les salmonidés frayent de novembre à janvier, selon l’altitude et la température de l’eau. Ils remontent alors sur les zones de graviers propres et bien oxygénés, en tête de bassin le plus souvent, et la femelle y creuse une cuvette où les œufs resteront enfouis plusieurs semaines.
Trois conséquences pratiques.
Les poissons sont concentrés et vulnérables. Une truite sur sa frayère est immobile, visible et facile à prendre. Elle ne se nourrit presque plus, mais elle attaque par réflexe territorial.
Les œufs sont dans le gravier. Une frayère piétinée est détruite : le gravier se colmate, l’oxygène ne circule plus, les œufs meurent. C’est un dommage invisible et total.
Le cycle est annuel. Une génération perdue se rattrape difficilement sur un cours d’eau où les populations sont déjà sous pression.
La fermeture court donc de septembre à mars pour couvrir non seulement la fraie, mais aussi la période où les alevins restent dans le gravier avant l’émergence.
Ce qui reste ouvert
Tout ne s’arrête pas le troisième dimanche de septembre.
Les plans d’eau de première catégorie. Beaucoup bénéficient d’une ouverture prolongée, parfois à l’année, par arrêté préfectoral. C’est la principale possibilité de pêcher la truite hors saison, et les fédérations départementales en publient la liste.
Les parcours spécifiques. Certains linéaires bénéficient de dérogations, souvent en no-kill strict avec hameçon sans ardillon. Ce sont d’excellents terrains pour travailler sa technique, et les gestes de remise à l’eau y sont déterminants — nous les détaillons dans notre page sur la remise à l’eau et ce qui décide de la survie du poisson.
La deuxième catégorie, pour les autres espèces. C’est là que la saison bascule : le brochet, le sandre, la perche et le silure restent pêchables, et l’automne est même leur meilleure période. L’eau se refroidit, les carnassiers se remettent en activité, et les poissons blancs se regroupent.
Les six mois qui suivent : à quoi les employer
La fermeture n’est pas une parenthèse morte. C’est le moment où l’on prépare la saison suivante.
Pêcher les carnassiers. L’automne est la meilleure fenêtre de l’année pour le brochet et le sandre. Le refroidissement déclenche une période d’activité intense avant l’hiver. Nos repères sont dans nos pages sur la pêche du brochet aux leurres et sur où trouver le sandre.
Entretenir le matériel. C’est le moment logique : rinçage des moulinets, contrôle des anneaux, remplacement des lignes fatiguées. Une tresse laissée trois saisons casse au mauvais moment. La routine complète est dans notre article sur l’entretien du matériel de pêche.
Repérer la rivière à basse eau. L’automne et l’hiver montrent la rivière comme on ne la voit jamais en saison : le lit apparaît, les blocs se lisent, les fosses se devinent. Une journée passée à marcher le long d’un parcours sans canne vaut dix sorties à l’aveugle en mars. La méthode de lecture est dans notre guide sur comment lire une rivière.
Refaire ses montages et ses nœuds. Un hiver suffit pour perdre la régularité d’un nœud qu’on faisait les yeux fermés en septembre. Nos repères sur les nœuds de pêche à connaître et sur le choix des hameçons sont faits pour être relus à cette période.
Le réflexe à garder
La date générale est un repère, pas une autorisation. Chaque département publie un arrêté annuel qui fixe les dates réelles, les parcours dérogatoires, les tailles et les quotas. Il est consultable en ligne sur le site de la fédération départementale et affiché dans les points de vente de cartes.
Deux minutes de lecture avant la sortie évitent une contravention, et surtout permettent de savoir précisément où l’on a le droit d’aller quand tout le monde croit que la saison est finie.
Questions fréquentes
Peut-on pêcher le chevesne en première catégorie après la fermeture ?
Non. Sur un cours d'eau classé en première catégorie, la fermeture de la truite entraîne l'interdiction de toute pêche, quelle que soit l'espèce visée. On ne peut pas y pêcher le chevesne ou le vairon en invoquant qu'on ne cherche pas la truite.
La date est-elle la même partout en France ?
La date générale est fixée nationalement, mais les préfets peuvent l'adapter par arrêté et ouvrir des parcours dérogatoires. C'est l'arrêté de votre département qui fait foi, et il change chaque année : la règle générale ne dispense jamais de le lire.
Les plans d'eau de première catégorie ferment-ils aussi ?
Pas nécessairement. Beaucoup de plans d'eau classés en première catégorie bénéficient d'une ouverture prolongée, parfois à l'année, fixée par arrêté préfectoral. C'est l'une des principales possibilités de pêche de la truite hors saison.
Que risque-t-on à pêcher pendant la fermeture ?
C'est une infraction sanctionnée par une contravention, avec saisie possible du matériel et des prises. Au-delà de l'amende, la pêche pendant la fraie est le geste qui abîme le plus durablement une population de truites sauvages.
Sources et méthode
- Code de l'environnement, dispositions relatives aux temps d'interdiction spécifique de pêche
- Arrêtés préfectoraux annuels fixant les dates et parcours dérogatoires, à vérifier département par département